novembre 10th, 2011
Je reconnais que je n’ai pas ete toujours une eleve appliquee et studieuse lorsque j’etais plus jeune, en France. Peut-etre que les etudes ne representaient pas quelque chose de concret a mes yeux et c’est pour cela que je n’y attachais pas beaucoup d’importance. J’ai paye cher ce manque d’interet car le chemin de ma vie professionnelle fut difficile et je me suis faite moi-meme au prix de bien des sacrifices et d’efforts constants qui avaient porte leurs fruits, a Lyon, lorsque j’ai rencontre Marc. Aujourd’hui, me voici de retour sur les bancs de l’ecole pour apprendre ma nouvelle langue, celle qui me permettra - si je la manie correctement et avec aisance - d’avoir un bon travail et de devenir une Americaine a part entiere, l’annee prochaine, en accedant a ma double nationalite. A l’Universite de Las Cruces, j’ai integre une classe a majorite feminine, tres sympathique au demeurant et a 98,5 % d’origine mexicaine. Notre troisieme et nouveau professeur, Claudia, ne manque pas d’imagination pour ce qui est de nous faire apprendre de facon ludique. C’est ainsi que la lecon de ce matin etait plutot une revision generale, faite a l’aide d’un jeu “Jeopardi”. La classe etait scindee en deux groupes. La fourchette d’ages se situe entre 25 et 60 ans, avec une majorite aux alentours des 35-45 ans, tout-de-meme. Je me sens a la maternelle. Encore plus aujourd’hui, je n’arrivais pas a entendre ni comprendre la question que posait Claudia puisqu’elle etait couverte par les bavardages et les rires de mes camarades. Avant de repondre en anglais, le “travail de groupe” s’effectuait en espagnol et j’en etais donc exclue. De toutes facons, je ne savais pas de quoi il s’agissait puisque je n’avais pas compris la question, alors… Elles ne font pas ca mechamment, elles n’ont rien contre moi, mais il me semble qu’elles n’ont pas les memes motivations que moi dans ces cours. J’aime bien plaisanter, faire de l’humour et rire avec elles, mais la, c’en etait trop. Environ vingt minutes avant la fin, je me suis mis a parler en francais, fort, de sorte que tout-le-monde s’est tu. Apres avoir explique dans ma langue que je ne pouvais ni entendre la prof, ni comprendre les questions, ni y repondre et que ca devenait insupportable, j’ai traduit cela en anglais dans la foulee. Le ton etait aimable mais ferme. Elles ont compris et se sont excusees et, jusqu’a la fin du cours, elles ont fait l’effort de parler anglais. Combien de temps vont-elles tenir dans ce nouveau challenge ? En tous les cas, apres avoir raconte mon histoire a Marc, ce dernier a compris qu’il etait imperatif qu’il m’aide a progresser et qu’il me parle enfin plus regulierement en anglais a la maison. I.B.
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