Quelle bavarde !
janvier 20th, 2012
Jeanne – et non Gene comme je l’avais orthographie précédemment ne me fiant qu’a la phonétique – a decide de ne pas se faire opérer estimant qu’a 87 ans elle avait suffisamment vécu. Elle nous a donc rejointes, ce midi, pour notre repas hebdomadaire des « girls » avec sa joie de vivre et son sens de l’humour légendaires. A part mercredi dernier ou elle etait a l’hopital, elle n’avait jamais manque un seul de ces rendez-vous et ca faisait du bien de la retrouver. Lundi soir, j’avais invite Natacha a diner, la nouvelle Agente, fraichement débarquée de Seattle pour prendre son premier poste dans l’equipe de Marc. Ma nouvelle copine, Nancy, etait aussi de la partie. J’ai fait sa connaissance la semaine dernière au club des francophiles et ca a de suite « colle » entre nous. Nancy est américaine mais parle parfaitement le français. A mon diner, nous n’avons parle qu’anglais et, j’avoue, que je m’en suis très bien sortie et suis meme devenue quelque peu bavarde dans la langue de Shakespeare ! Certains jours, je peux être assez bonne, je l’avoue. Ca n’est pas comme la semaine dernière ou je suis allée faire une réclamation a la Poste et… pas de quoi se vanter. Ma prestation etait carrément et dans sa globalite minable. Tout en parlant, non, en vomissant plutôt, mes phrases sans queue, ni tête, ni verbe des fois… j’etais de plus torturée de voir les expressions du pauvre Prepose qui tentait de déchiffrer mon « anglais/petit-negre », tantôt le sourcil leve, tantôt les yeux a demi fermes tout absorbe qu’il etait a la compréhension de mes propos. Lorsque je suis sortie du Bureau, j’ai pousse un long soupir comme si j’avais fait un cent metres en dix secondes. Ces jours-la, j’ai envie de me gifler. A chaque jour suffit sa peine, dit-on ?! Bref, lundi soir, je peux dire que j’etais bonne. Le lendemain, Marc m’a demande si Natacha avait bu durant le repas et j’ai spontanément revu a la baisse la quantité de vin et délibérément omis de préciser que nous avions termine sur un verre de Grand Marnier. Mon nez bougeait mais ca ne s’est pas vu au telephone. Hier soir, je suis encore tombée sur une de ces émissions comme seuls les américains savent faire. Il s’agit de mamans qui jouent a la poupée avec leurs petites filles et qui les font parader comme des betes de foires devant un jury. Ces pauvres petites, âgées entre 3 et 7 ans, sont maquillées, coiffées mais aussi habillées comme des jeunes filles qui feraient la Revue dans des shows… et pas toujours pour un public de moins de 18 ans. Elles adoptent des mimiques et des positions indignent et je suis étonnée que l’Amerique puritaine n’ait pas mis son veto a cet etalage malsaint. J’ai zappe et me suis retrouvée sur une chaine ou l’on peut voir des chasseurs de primes a la recherches de fugitifs qui ne se sont pas presentes devant le Juge, a leur convocation. Il faut voir le chef de cette bande de clowns ! Sa chemise est grande ouverte jusqu’au milieu du ventre et, sur son torse velu, un long lacet de cuir supporte la replique démesurée d’une etoile de Sheriff. Ses cheveux sont blonds et très longs. Avec son « equipe » (sa femme, sa fille, son gendre) ils se prennent pour des cow-boys des temps modernes mais ca n’est que du bling-bling. Sur une autre chaine, des prétendants cuisiniers sont mis a l’epreuve par un jury et, en moins d’une heure, ils sont sensés préparer une entrée, un plat de résistance et un dessert avec des ingrédients imposes qu’ils découvrent au moment. Par exemple : des chamallows, des raisins, du Champagne, du bœuf pour réaliser le plat principal… je suis scotchée de voir le « jury » gouter ca sans vomir. Pour l’heure, mon émission préférée s’intitule « Storages War ». Des gens se massent pour acquérir aux enchères des affaires entreposées dans des gardes-meubles dont les locataires n’ont pas paye les loyers depuis quelques temps et qui se voient ainsi saisis. Apres que le cadena ait ete scie, les acheteurs potentiels ne peuvent que jeter un coup d’œil sans jamais toucher ou déplacer quoi que ce soit a l’interieur du box. Commence alors l’enchere. Certaines d’entre-elles peuvent dépasser facilement les $ 4000 et décevoir dans leur contenu et, d’autres, peuvent plafonner aux alentours des $ 150 et on peut voir ensuite leur acquéreur découvrir, empaquete dans un sac insignifiant, une statuette en bronze signée qui peut lui rapporter dans les $ 10.000 ! C’est une sorte de chasse aux trésors. Avec plus de 100 chaines accessibles, je n’ai pas fini de m’extasier ou de m’indigner. I.B.